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RÊVES ÉVEILLÉS

Un autre regard sur le monde

Fini de jouer

Fini de jouer

       Il était temps de voir un autre Vietnam. Finis les illusions et les fantasmes, le pays m’apparaît maintenant sous un jour nouveau grâce à ce voyage dans le Nord. Je m’excuse par avance auprès de ceux qui n’aiment pas lire car cela risque d’être un peu long….

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Des minorités bafouées

 

    Le Nord est une mosaïque de « minorités ethniques » aux origines diverses. Peuples nomades historiquement, ils se sont établis dans les endroits les plus reculés, comme pour mieux échapper aux guerres intestines qui ont accompagné les velléités d’empires mongols, chinois, français, chams… Ces belles montagnes n’en sont pas moins hostiles et il fallu aux hommes déplacer une énergie folle pour réussir à y cultiver le riz, le maïs pour les animaux, y construire leurs maisons et y élever leur bétail. L’agriculture y est principalement de subsistance. La rudesse du climat n’autorise qu’une seule récolte de riz par an et c’est au début de celle-ci que nous nous trouvons. Dans les maisons, un foyer central et de petites pièces comme chambre à coucher. Ces dernières années l’accès est beaucoup plus facile pour les motos. Et oui le bel idéal d’Ho Chi Minh a volé en éclat. Bye bye communisme welcome capitalisme. L’argent est roi aujourd’hui. Les Dzao, Mongh, Tay, et tous les groupes ethniques aspirent aussi au progrès et c’est toute leur culture qui est en train petit à petit de s’éteindre au profit de l’argent roi. Tout le système est corrompu et pour accéder à l’éducation, à la propriété, à la santé, il ne fait pas bon appartenir à ces minorités. Les sommes d’argent à débourses sont monumentales pour espérer sans garantie accéder à un statut social plus élevé. 80% du pays est peuplé par les Viêt, d’appartenance Kinh, et ce sont eux qui tiennent les rênes du pouvoir.

 
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    La ville de Sapa est devenu le Disneyland des minorités. On y vient de tout le pays et du monde entier pour ramener son petit souvenir ethnique. Les hôtels de 200 chambres sont de petites unités, un téléphérique monte en haut du Fansipan, le plus haut sommet du pays, un projet d’autoroute est en marche. Le gouvernement et ses fonctionnaires, corrompus jusqu’à la moelle, attribuent les terrains et les marchés au plus offrant…pour eux.

    N’en restent pas moins des paysages grandioses caractérisés par ces fameuses rizières en terrasse qui sculptent la montagne jusque dans ses versants les plus abruptes. Nous avons principalement côtoyé des Dzao rouges, des gens d’une gentillesse extrême, travailleurs dans l’âme et qui accueillent les touristes avec la plus grande attention. Ici on a vraiment l’impression de faire partie de la famille. On mange ensemble, on boit l’alcool de riz ensemble, on apprend à se connaître malgré la barrière de la langue. Notre randonnée à pied de 4 jours fût un enchantement total, notre trip à moto de 3 jours nous a entraîné sur des chemins de traverse encore moins courus…

 
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La plantation de M. Minh

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      Quand on lui a signifié que le « pedigree » de sa femme lui interdisait de continuer à travailler pour le gouvernement M. Minh a tout lâché. 

 

    Lors des visites officielles des dirigeants étrangers, c’est lui qui planifiait le protocole, les déplacements, etc… Autant dire que la responsabilité qui lui incombait était énorme. Oui mais voilà, au Viêtnam, pour travailler pour le gouvernement, il ne faut avoir aucun « défaut ». Or le frère de sa copine à l’époque avait travaillé pour les Français, ce qui lui fermait les portes de l’Etat; s’il voulait continuer à servir il fallait qu’il se sépare. Alors il a tout plaqué.

 

    En 2007 il a entamé des démarches pour se procurer un bout de terre dont personne de voulait, tout là haut, au sommet de Nâm Nhiu. Il y a 5 ans, quand il l’a enfin obtenu après de longue démarches il s’est attelé à la tâche. Il fallait défricher tous les roseaux et autres arbres afin de rendre la terre cultivable. Aujourd’hui il habite sur cette terre avec sa femme et sa famille quand ils ne travaillent pas à Sapa. Il cultive 3 sortes de citrons verts, 4 d’oranges et 2 de goyaves (Taïwan et Malaisie). Tout est bio. Les greffons des agrumes sont ceux de pamplemousses car ils résistent mieux aux maladies de cette terre. Les pesticides sont proscrits et un mélange ail/piment/alcool repousse la majorité des nuisibles. Un médicament attire les mouches jaunes et les empoissonne. La terre est paillée avec des copeaux de bois, l’ensoleillement est bien meilleur que partout ailleurs sur cette crête. Ne parlons pas de la pluviométrie, idéale. Et surtout M. Minh est le seul à produire ces fruits dans une région dédiée à la riziculture.

 

    

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     Le sentier d’accès est bien difficile mais la vue y est majestueuse. Le fils et la belle fille de M. Minh ont eu la bonne idée de fabriquer de petites chambres sur pilotis avec vue imprenable sur la vallée. Nous ne sommes que les 5è touristes à  séjourner mais ce site est appelé à avoir un énorme succès, c’est sûr.

 

 

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     Nous finirons notre tour de la région par une montée de nuit magique de Lao Cai jusqu’à Sapa en ayant fait une longue pause devant la frontière chinoise. Dans la journée le marché de Bac Ha valait le déplacement pour voir la foule de Mongh fleuris de la régions se déplacer, se rencontrer et partager un moment de vie car les occasions d’échanger lorsque l’on vit dans des villages parfois très isolé sont rares. Nous quittons la régions avec la satisfaction d‘avoir pu comprendre un petit bout de la vie de ses habitants. Mais nous n’aurions pas pu y avoir accès sans notre guide Susu, au top du top. Merci à lui.

 

Les guides locaux de Sapa: www.realsapa.com

Le site de M. Minh (en construction): www.sapafarmstay.com

 
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V
J'apprécie beaucoup des rizières en terrasses, des hautes montagnes à Sapa. Je pense que le col d'O Quy Ho est immanquable quand vous arrivez à Sapa. Le col d'O Quy Ho est un endroit parfait pour s'offrir un panorama sur les rizières ondulantes à flanc de montagnes et admirer le coucher du soleil.
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A
Sapa, Lao Cai, le marché dominical des Hmongs, des souvenirs pour Christine et moi... vite visités, bien avant l'arrivée massive des touristes actuels. C'est toujours aussi beau et aussi sympathique à travers tes écrits.... mais un peu différent de la Bretagne ! Lol.<br /> Jean Pierre
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H
Je pense que ça a dû bien changer depuis votre passage. Tu ne reconnaîtrais pas Sapa... On est en effet très loin de la Bretagne... Bises amicales à tous les deux!